Bilan social de l’éducation nationale : des inégalités femmes/hommes indéniables !

Ce constat d’inégalités flagrantes entre les femmes et les hommes fait, la question est de savoir si le Ministère de l’Éducation nationale est prêt à « Mener une politique volontariste de suppressions des inégalités salariales entre les femmes et les hommes » comme le préconise le protocole d’accord de 2013 relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique.

En tous les cas, c’est par notre intervention syndicale à tous les niveaux, qu’on pourra l’y contraindre !

Une forte présence des femmes mais pas à tous les postes !

Les femmes représentent environ 70,5 % des personnels de l’éducation et jusqu’à 95,6 % dans la filière sociale et de santé.

C’est en catégorie C qu’elles sont les plus nombreuses avec 86,1 % (78,6 % en catégorie B, et 70 % en catégorie A).

Mais c’est en catégorie A+ qu’elles sont les moins présentes, leur part étant de 39,3 % seulement.

Si on regarde de plus près chez les enseignant-e-s du premier degré, par exemple, les femmes représentent 81,4 % mais ne sont plus que 73,6 % parmi les directeurs-trices d’école.

Ou encore chez les ITRF, la part des femmes est de 56,7 % mais seulement 34,2 % chez les ingénieur-e-s de recherche.

De la même façon, on constate que chez les personnels de direction, elles représentent 47,2 % mais seulement 30,6 % chez les proviseur-e-s de lycée (38,9 % chez les proviseur-e-s de LP, 45 % chez les principaux-ales).

Les postes d’adjoint-e-s leur sont plus souvent dévolus avec 56,4 % chez les principaux-ales adjoint-e-s et 52,1 % chez les proviseur-e-s adjoint-e-s.

Et parmi les personnels d’inspection, 43,6 % sont des femmes avec seulement 30,2 % dans les postes de DASEN ou DAASEN.

Enfin dans la filière administrative, 92 % des personnels de catégorie C sont des femmes (83,1 % en catégorie B, 60,5 % en catégorie A) mais seulement 26,2 % chez les recteurs-trices et secrétaires généraux-ales d’académie.

Il existe donc une évidente sous représentation des femmes dans les postes les plus rémunérés et à plus haute responsabilité.

Écart de salaires : une réalité dans l’Éducation nationale

Globalement les femmes sont « moins bien payées » que les hommes. En effet, elles représentent, dans le secteur public, 69,3 % des effectifs en ETP (Équivalent Temps Plein) mais 67 % des rémunérations nettes.

Ce constat est plus marqué chez les personnels non enseignants puisque, les femmes représentent 74,7 % des ETP mais 68,2 % de la masse salariale.

Cet écart qui s’accentue avec l’âge s’explique, d’une part par la catégorie de l’emploi occupé, la sous-représentation dans les postes les plus rémunérés, mais aussi, d’autre part, par un régime indemnitaire défavorable aux femmes.

Pour les personnels autres qu’enseignant-e-s, le salaire net moyen des hommes est supérieur de 34,1 % à celui des femmes (soit environ 800 euros), de 20,2 % en catégorie A, alors que chez les personnels enseignants, l’écart de salaire se porte à 13,4 %.

Ainsi, dans le premier degré comme dans le second degré, le salaire net moyen des hommes est supérieur de 8 % à celui des femmes.

Mais en moyenne, les hommes perçoivent 29,6 % de primes de plus que les femmes dans le second degré et pour les professeur-e-s des écoles, l’écart de primes est de 64,2 % entre hommes et femmes. Cet écart est d’ailleurs en lien avec une relative surreprésentation des hommes dans les directions des écoles.

On constate, par ailleurs, une différence entre la rémunération moyenne d’un-e enseignant-e titulaire du premier degré et celle d’un-e enseignant-e titulaire du second degré :2190 euros contre 2740 euros en salaire net mensuel, la part des primes étant l’explication de cet écart de salaire pour partie.

Les femmes sont donc moins bien rémunérées, en partie parce que le système de primes (heures supplémentaires comprises) contient en lui-même une inégalité de traitement et constitue manifestement un acte discriminatoire envers les femmes ; cette discrimination est malheureusement amenée à s’accentuer avec les Indemnités pour Missions Particulières (IMP) et l’apparition de Grades à Accès Fonctionnel (GRAF).

Les femmes pénalisées dans leur carrière?

Globalement les hommes sont plus avancés dans leur carrière avec un traitement indiciaire brut plus élevé de 7,5 % en moyenne chez les enseignant-e-s, et de 29,1 % chez les autres personnels.

Si les promotions respectent généralement à peu près la représentativité des femmes dans les différents corps, cela n’est pas le cas chez les PE, où les promues à la hors-classe représentent seulement 69 % alors que ce corps est féminisé à plus de 80 %.

(Source : bilan social du MEN 2013-2014)

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