Focus sur le temps partiel chez les enseignants

Aujourd’hui, si 17,5 % de l’ensemble des agent-e-s sont à temps partiel, ce sont les non enseignant-e-s qui le sont plus fréquemment en raison de la présence des assistant-e-s d’éducation. La quotité payée moyenne (sur l’ensemble de la population, indépendamment de la durée de travail sur l’année) est de 92,9 %.

Les demandes d’utilisation de ce droit sont très dépendantes du sexe, de l’âge et du statut. Un fait est ainsi incontestable : les femmes l’utilisent beaucoup plus que les hommes.

Temps partiel et âge

Dans le premier degré, où les femmes représentent 80 % des personnels titulaires, les 30-39 ans représentent la part la plus forte. Il en est de même dans le second degré où le taux le plus élevé concerne les 35-39 ans. C’est donc un marqueur fort pour des collègues devenues le plus souvent mère et qui font alors le choix de rester « à la maison ». Comme dans le même temps, les hommes titulaires sont beaucoup moins nombreux à le demander, on est en droit d’interroger le poids sociétal sur l’utilisation du temps partiel par une majorité de femmes.

A partir de 50 ans, le taux de demandes décroît sous le seuil de 10 % dans le public et sous celui de 13 % dans le privé. Dans le second degré, le temps partiel des femmes revient à un niveau plus élevé à partir de 60 ans. Si cela indique une forme d’usure au travail, il suscite surtout une nouvelle discrimination liée à des pensions plus faibles pour des carrières incomplètes et morcelées.

Temps partiel et quotité

Si l’accès au temps partiel est inégalitaire entre les femmes et les hommes, la quotité payée des enseignant-e-s l’est aussi en fonction de leur statut, du degré-secteur d’enseignement.

Chez les enseignant-e-s du secteur public, la quotité la plus fréquente se situe entre 50 % et 80 % pour 4,4 % de l’ensemble des corps (6,1 % dans le premier degré). Dans le premier degré privé, c’est le mi-temps qui est la situation la plus fréquente (9,2 % de l’ensemble des personnels).

Temps partiel et précarité

Les enseignant-e-s non titulaires, qu’ils-elles soient dans le secteur public ou privé, sont davantage à temps partiel que les titulaires, et ce de façon imposée. 10,8 % des non-titulaires effectuent un service à mi-temps. Et paradoxalement, c’est là qu’on trouve le plus d’hommes à temps partiel…

Cette étude de cas, publique car issue du bilan social du MEN, indique très clairement que l’accès au travail à temps partiel est source d’inégalités : entre personnels titulaires et non titulaires, mais surtout entre les femmes et les hommes. Dans un ministère très largement féminisé, où l’égalité femme-homme doit être enseignée, on se rend compte que la reproduction sociale des inégalités perdure. Les quotités sont même parfois imposées sans prendre en compte les demandes et attentes des personnels.

Il est à rappeler que l’accès à ces temps partiels est un droit ouvert à l’ensemble des personnels, femme comme homme…

(Source : bilan social du MEN 2013-14)

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