Orientation des jeunes : trier et déqualifier !

Les politiques actuelles menées par le gouvernement dans l’éducation ont pour effet d’empêcher les jeunes des milieux populaires d’accéder aux études supérieures. Par ailleurs, elles entraînent une déqualification des formations, notamment professionnelles.

La première conséquence du nouveau système d’orientation vers le supérieur, Parcoursup, est la mise sur le carreau de 65 000 jeunes, 15 jours après la rentrée de septembre, la plupart issus des milieux sociaux les moins favorisés. Ces jeunes ont déjà été victimes d’orientations imposées à la fin du collège car certaines filières des lycées professionnels sont saturées, et se retrouvent en échec en seconde générale, espérant l’année suivante une passerelle vers la filière espérée.

De plus, le ministère a décidé de fermer les Centres d’information et d’orientation et de transformer les conseillers d’orientation-psychologue en psychologues de l’éducation nationale. La fermeture de ce service public de l’orientation laisse la place à un marché privé juteux : le coach learning.

La seule solution envisagée par le gouvernement pour les jeunes des classes populaires est « l’apprentissage pour tous » comme « voie d’excellence ». La ministre du travail se targue d’avoir augmenté les inscriptions en apprentissage de plus de 46 % mais une grande majorité n’ont pas d’entreprise. Bref, c’est un mensonge.

La mise en avant de l’apprentissage n’est qu’un prétexte pour détruire les lycées professionnels en tant que structure de formation et n’en garder que les plateaux techniques pour les besoins de formations à court terme des entreprises. Le lycée professionnel ne sera plus que l’unité de formation par apprentissage du lycée général et technologique.

Leur logique est de mettre en adéquation la formation avec les besoins d’employabilité des entreprises. Or ils prédisent un marché de l’emploi composé principalement d’emplois non qualifiés et précaires, aussi ils ne veulent plus financer des formations qualifiantes.

Nous sommes loin des rêves d’éducation et d’émancipation qu’on pouvait porter durant les Trente Glorieuses et qui nous ont permis d’avoir un main d’œuvre qualifiée pour développer l’économie, encore plus loin des rêves de la  citoyenneté éclairée des Lumières.

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